Slams

Le soliloque

 

C’était au mois de mai

Ou peut-être juin

Ou encore juillet

Je ne sais plus.

En tout cas, c’était un mois très chaud,

Un mois sec et sans air

Et donc un mois sans huîtres.

Un jour ou gai ou triste,

Je ne sais plus.

En tout cas, y’avait que moi sans elle

Et j’étais là avec le chat,

A faire le pitre.

Je crois que ce jour là

Je n’avais droit

Ni au rachat,

Ni au chapitre.

En tout cas, je jouais avec un vieux jouet.

C’était un bilboquet

Tout rose

Que je tenais comme ça

Comme un bouquet

De roses

Et je soliloquais.

Je parlais tout seul

A voix basse et

En prose

Comme un laquais loyal d’une escorte impériale

A un loquet bancal d’une porte royale.

C’est fou ce que parfois

Y’a de quoi rester coi !

Soudain, la porte d’un placard claqua

Slam !

Comme une paire de claques

Qu’on vous claque des doigts,

Aller-retour, deux fois, comme ça

Slam ! Slam !

Au milieu du vacarme

Et au fond de mon âme

Je compris tout à coup que je faisais

Du slam.

Du slam,

Slam le vouloir,

Slam le savoir,

Comme slamblant de rien

Comme monsieur Jourdain

Du slam,

Au sens homologué.

Ça m’paraissait normal

Car je monologuais.

Le slam est un message,

Un récit court mais sage

Comme une image sur une page,

Comme un adage hors d’âge.

Le slam est avant tout un JE

Un jeu de mots, un jeu de rôle

Un simple droit à la parole

Depuis la nuit des temps

Autant aux blacks qu’aux blancs

Le slam a plu.

On l’a perçu.

D’Orient ou d’Occident,

Dans la pluie ou le vent

Il ne passe plus

Inaperçu.

Alors, en vérité,

Comme si, avec vous, moi je dialoguais,

Alors que moi je parle

Et vous vous écoutez,

Je vous le dis oh gai

Mais donc en aparté

Ne partez pas, restez,

Parce que le slam,

Slam’ plait

De vous en raconter.

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