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L'essentiel (13 03 21)

L’essentiel


Et si nous revenions enfin à l’essentiel, au vert du pré, au bleu du ciel. Si comme le cancre de Prévert, dans la vraie vie, en présentiel, nous disions oui avec le cœur. Et si nous déclarions sacré et officiel, sans liberté conditionnelle, le droit au rêve et au bonheur.

Il suffirait pour être bien d’apercevoir un peu d’espoir au bout du noir de l’entonnoir, d’une lueur, d’une étincelle, du vol précieux avant-coureur d’une hirondelle, pour qu’à nouveau bientôt bourgeonne et nous inonde le doux printemps du nouveau monde.

Il suffirait de trois fois rien pour retrouver au quotidien cette légèreté candide qui, plus que tout, nous convient bien et préférer, plus optimiste, à la compote d’abricot vide, le pot de miel à moitié plein ! On voudrait dire qu’on s’en balance et pouvoir vivre comme on le pense. On voudrait briser le silence et tirer une carte chance. On voudrait rentrer dans la danse, prendre la route des vacances, vivre d’amour et d’insouciance. Dessous nos masques dérisoires, retrouvons vite le sourire qui gentiment nous rassérène et nous conforte dans nos histoires, interhumaines. Jetons à terre les barrières, en se disant que rien n’est pire que de dresser des murs de pierre et de dessiner des frontières, interhumaines.


Se rencontrer et se parler et puis partager nos pensées pour s’entraider, quoi qu’il advienne.


Et si nous revenions enfin à l’essentiel, au bon côté, à la part belle. Dans l’inventaire à la Prévert, sans hiérarchie et pêle-mêle, si nous allions à nos envies, élémentaires. Et si nous profitions un peu de l’occasion pour devenir, par empathie, plus solidaires.

Il suffirait pour être bien de retrouver le jour d’hier, demain matin. Recommencer notre train-train, boire un gorgeon au bar du coin, manger un tiap entre copains, faire la fête jusqu’au trop plein, rigoler et chanter ensemble, dire bonjour à son voisin, déconner comme bon nous semble.

Il suffirait de trois fois rien pour s’adonner à la culture, prêter l’oreille aux musiciens, faire l’aubade aux baladins sur leurs tréteaux de comédiens, lire des pages d’écriture, marcher son pas de pèlerin sur les chemins de l’aventure, se fondre avec désinvolture, dans le futile et l’inutile, dans les odeurs, dans les couleurs, dans les saveurs de la nature. Vivre l’instant tout en douceur, se projeter dans le futur.


Trinquer au nom de l’amitié, se blottir dans l’intimité, et pourquoi pas, le jour d’après, s’aimer par cœur, les bras serrés.


Et si nous revenions enfin à l’essentiel.

Bernard Matharan (13 03 21)

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