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Le chevalier qui questionnait les cons

Le noble chevalier qui questionnait les cons. Conte

D'après un conte d'Henri Gougaud

 

Bien au-delà des temps, vivait dans l'autrefois,

Un noble chevalier qui avait, disait-on,

Un pouvoir singulier. Il s'était vu l'octroi

De dialoguer à guise avec les plus beaux cons.

Pas les cons ridicules qui peuplent nos contrées,

Les vrais cons, funambules, entre cuisses cachées.

Qui était-il pour tel don ? Où, quand, comment, pourquoi ?

Avait-il dans sa vie ravivé des passions ?

Avait-il su ôter épine à quelque roi

Pour avoir droit ainsi à la conversation ?

Le fabliau joli, colporté par les ans,

S'est posé sur mon ouïe, comme un secret du vent.

Il m'amuse à mi-lèvres, d'en faire narration

S'il vous plaît de connaître le franc parlé des cons.

Or donc, par temps jadis, un noble chevalier,

Battant palefroi bas comme les malandrins,

Vaquait de joute en joute avec son écuyer.

Les plus fiers combattants gagnaient ainsi leur pain.

Mais les jours étaient longs, les vaches maigres et tristes.

Un jour où nul tournoi ne pointait à cent lieues,

Nos comparses, jouant la carte fataliste,

S'offrirent une escapade sans but et sans enjeu.

Dans l’eau d'une claire fontaine, où elles se baignaient nues,

Trois charmantes coquines ne se souciaient que peu

De leurs belles dentelles, négligemment perdues

Sur le rocher du vice, sur la pierre de feu.

Cheminant en l'endroit, le premier sur les lieux,

L'écuyer ne vit point ce spectacle poupon.

Par-delà de l'attrait des naïades en jeu,

Il s'enticha plutôt de la soie des jupons.

Il mit main sur tissus, croyant que la fortune

Lui deviendrait amie, après l'avoir tant boudé.

« Fringues cousues dans l'or, cotonnades opportunes ! » Boudu con !

Ainsi rêvait Huet, le fidèle écuyer.

Mais il y avait aussi le noble chevalier.

Quand on naît chevalier, on est un gentilhomme.

Des ribaudes au moins, on respecte le cul !

Courroucé du larcin, le chevalier bonhomme

N'eût fin que de les voir à nouveau revêtues.

Il punit son valet puis re voila les chattes

Qui s'ébrouaient dans l'eau d'un air bien polisson.

Les félines d'ailleurs n'en furent point ingrates

Et, comme eurent fait trois mages, lui offrirent trois dons.

1. - Partout, beau chevalier, comme dans un cocon,

Tu jouiras d'un accueil des plus civilisés.

2. - Interroge les cons, les cons te répondront.

3. - Et si les cons se taisent, les culs pourront causer.

Croyez-vous qu'il suffise, pour alphabétiser

Tous les cons, tous les culs, de secourir les gens ?

Croyez-vous qu'il suffise d'avoir don de trois fées

Pour que les cons, d'un coup, deviennent intelligents ?

Un brin dubitatif, le noble chevalier

Se remit en parcours avec son porte écu.

Ils battirent campagne allant de pré en pré

Mais les cœurs étaient lourds et les chevaux fourbus.

Les âmes n’y étaient plus parce que trop fatigués.

Quand son chemin croisa celui d'un vieux curé

Qui partait, à cheval, en terre défendue.

- Que vous êtes joli ! Que beau vous me semblez,

Dit le vieux cul béni par trop révérencieux.

Prenez place en ma place, j'irai chemin à pied,

Que votre joie demeure, s'il plaît ainsi à Dieu !

Le noble chevalier, en changeant de jument,

Se remit en mémoire les trois nymphes au cul nu.

« Partout, beau chevalier, comme dans un cocon,

Tu jouiras d'un accueil des plus civilisés. »

Se peut-il donc qu’alors tout me soit compliment

Et que, en toutes places j'aurais pignon sur rue ?

« Interroge les cons, les cons te répondront »

Existait-il quelque autre avec un tel pouvoir ?

Il tourna dans sa tête sept fois cette leçon

Mais resta par sept fois planté au tableau noir.

Il entreprit le con, le con de la jument,

Et susurra ceci dans les cils du minois :

- Tout con que tu es, coquin, qu'en est-il maintenant ?

Pourquoi donc ce curé se prosterne pour moi ?

- Le prêtre est un vilain, dit le con à mi-voix.

La coquette l'attend au village plus loin.

Il lui doit trois deniers de la dernière fois,

Et trois deniers de plus s'il y revient demain.

- Barbes et barbichettes ! Les cons sont si doués

Qu'ils cachent aussi sous lèvres une langue pendue !

Tailler une bavette n'est donc plus réservé

À l'Homo dit Sapiens, du singe descendu !

Le bon curé croyant que Satan rôdait là,

Pris ses membres inférieurs au rachis cervical.

Une façon habile de redire entre nous

Qu’il prit sans s’faire prier ses deux jambes à son cou.

Dieu est toujours présent lorsque marque le pas

La conscience des hommes dans le jardin du mal !

En laissant aller l'amble de la bête à bon Dieu,

Le chevalier, en proie à ses incertitudes,

Mélangea ses pinceaux d'orgueil et de peurs bleues.

Voilà qui bousculait enfin ses habitudes !

La nuit enveloppa soudain le hâbleur de sexe.

Une halte au château fut donc la bienvenue.

Et, comme il est écrit en amont dans le texte,

Du plus charmant accueil sitôt il fut reçu.

Gestes et salamalecs sans l'ombre d'un grief,

Vin rouge en hanap, cuissot de marcassin

Et pour clore l'agape, la surprise du chef :

Servante, sauce vierge, servie sur baldaquin.

Le noble chevalier, en voyant le tendron,

Se frotta la prunelle pour se rincer l’œil plus.

La belle n'était vêtue que de sa condition

De servante fidèle aux coutumes et us.

Autant dire tout net qu’elle était toute nue.

Il entreprit le con, le con de cette enfant,

Et susurra ceci dans les cils du minois :

- Tout con que tu es, coquin, qu'en est-il maintenant ?

Pourquoi donc cette fille se prostitue pour moi ?

- Cadeau de châtelain, dit le con à mi-voix.

Il te souhaite de jouir jusqu'au bout de la nuit.

Honore la drôlesse qui en ta couche choit

Et que ton vit, mon prince, guérisse mon ennui.

En entendant son propre con verser ces paillardises

Et ne maîtrisant point les propos carabins,

La servante, en hâte, rangea ses friandises

Et lourda son échoppe, jusqu'à lundi matin.

Elle sema tant et tant la nouvelle au château

Que de partout germa le désir d'y goûter !

Une belle donzelle de derrière les fagots

Eprouva le besoin d'aussi se confesser.

- Depuis belle lurette mon con est schizophrène

Et se recroqueville sur peu de souvenirs.

Vous seriez le doux gland qu'il manque à mon chêne,

Dit-elle au chevalier, si mot lui faite dire

- Il me ravit, Madame, de lui être confident.

- Donnez-moi un instant pour le parer d'appâts

- En amant impatient je vous en permets cent.

- Je reviens tout à l'heure, Monsieur, attendez-moi.

Pourtant la vérité a ses jardins secrets.

Il est bon de cacher le trop-plein d'émotions.

La dame s'éclipsa. Loin des yeux indiscrets,

Avec de l'hydrophile… Elle se bourra le con !

Elle se bourra le con, pour de vrai, pour de bon,

Comme pour étouffer son émoi envoûté.

Se peut-il que l'envie meure sur du coton,

Comme meurent souvent les amours prisonniers ?

Lors, l'heure était maintenant à l'interrogation.

Donc, prête à affronter l'indécent questionnaire

Elle sortit de son antre pour revoir ce garçon

Qui blague avec les cons, comme on blague entre frères.

Le chevalier resta seigneur et débonnaire.

Il entreprit le con, ce con si intrigant

Et susurra ceci dans les cils du minois :

- Tout con que tu es, coquin, qu'en est-il maintenant ?

Pourquoi donc la farouche se cachait-elle de moi ?

Il eut, pour seul écho, un son sourd et ouaté

Comme si le silence avait droit d'expression.

Surpris par l'inaudible et par l'informulé

Le noble chevalier reposa la question.

Par trois fois, par vingt fois, il reprit sa requête.

Mais trois fois et vingt fois mot ne sorti du con.

Il resta tout pantois devant la fleur muette

Et s’empoudra les yeux de ses désillusions.

La magie à ce point serait donc éphémère

Et devrait-il conclure à tout espoir perdu ?

Soudain, comme un éclair, comme un rai de lumière,

Il se souvint qu'aussi il pût parler aux culs !

« Et si les cons se taisent, les culs pourront causer »

Sans plus de politesse, il s'en prit à celui

Sur lequel la princesse était assise dessus.

- Tout cul que tu es, coquin, qu'en est-il aujourd'hui ?

Dis-moi, pourquoi ce con est-il si malotru ?

- Ce con est bien timide, dit le cul posément.

Il voudrait, beau seigneur, vous consacrer sa vie

Et moi, le cul, je suis assis plutôt entre deux bancs

Car l'indécise ne sait plus ce qu'elle veut, ni de qui.

À l’évidence, sire, cette dame est troublée

Par vos yeux, par vos mains, votre cœur polisson

Elle vous aime déjà, au-delà de vos dons.

Elle se donnerait bien jusqu'à son jour dernier

Si vous aviez pour elle un peu plus d’attention.

Le chevalier ému, fier et sentimental,

Accepta sur-le-champ de perdre ses pouvoirs

Si au doigt de la belle il put glisser métal

D'amour et de passion…

Comme font les amants des plus belles histoires.

Plutôt que de juger les cons trop imbéciles

Parlez-leur gentiment. Vous comprendrez pourquoi

L'amour est un dessin à l'encre indélébile

Que la gomme du temps jamais n'effacera.

Idées po...

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D'après Carla Bruni. "Quelqu'un m'a dit" Parodies

  1. J'n'sais plus quel con m'a dit

  2. Nicolas

  3. Personne

  4. L'aboyer

  5. Je suis le moi du moi

  6. Plus de parois, à part moi

  7. J'déconnais

  8. Le plus haut du panier

  9. Mission triste

  10. L'insatiable

  11. l'argent

  12. La dernière minette

J'n'sais plus quel con m'a dit

je crois que Nicolas derrière son ego cache une âme grand bleu et un cœur d'artichaut. Peut-être par amour, il volerait un trésor et il transformerait tout qui possible en or...

Bernard Matharan. Essai

 

Les années suspectes

2017-2022

 

Première partie :

l’Etat disgrâce

7 mai 2017 – 3 juillet 2020

Le 20 11 2018 : La fièvre jaune

 

Qui sont-ils ? D’où sortent-ils avec leur gilet jaune de la contestation ? Que crient-ils de la sorte et quels messages ils portent, pour quelles nouvelles normes de socialisation ? Rébellion surannée comme le croit Macron ? Beaucoup trop spontanée pour menacer le patron ? Drôles d’idées saugrenues, roupies de sansonnet, billevesées, coquecigrues ? Il semble bien au contraire se passer quelque chose, une démarche volontaire et pour la bonne cause. Une taxe de trop, une prise d’un peu trop haut, des propos arrogants et sans mettre de gants et c’est la goutte d’eau qui déborde de l’étang. Sur les réseaux sociaux, la fronde s’organise et la France d’en haut penche comme la tour de Pise. Il y a de la colère dans l’air, du vent dans la remise, des bourgeons sur les branches. Pour la France d’en bas c’est l’heure de la revanche, de la partie remise. Plus qu’hier anarchiste, elle remonte les manches de sa noire chemise. Le ras-le-bol du peuple est sain et salvateur. Cette année-ci, Toussaint sera révélateur d’un système agonique et d’un demain meilleur. Trop d’inégalités, trop profond le fossé, trop d’abus dans l’imbu, trop de gens à la rue. Trop d’exclus font l’actu ! Il faut casser les codes de rentabilité pour se remettre en mode de Solidarité.

Allez, on ne lâche rien. Aux fourches, Citoyens !